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Dans nos murs

Les 1ES1 et l'échasse blanche de la Dombes !

Par admin niemaz, publié le vendredi 5 juillet 2019 15:12 - Mis à jour le vendredi 5 juillet 2019 15:13
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A la demande des 1ES1 qui s'interrogent sur le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité, l'artiste VEKS VAN HILLIK a réalisé une fresque monumentale sur l'un des murs du lycée du Bugey.

EN 2030, QUE RESTERA-T-IL DE L'ÉCHASSE BLANCHE ?

 

Venez, approchez, soyez curieux, laissez nous vous expliquer le sens de cette fresque. N’oubliez pas, nous ne vous imposons aucune idée.

 

Ceci est une synthèse de la présentation des élèves de 1ES1 qui en mai 2019 s’interrogent sur les risques que nos choix de production et consommation font peser sur la biodiversité et demandent à VEKS VAN HILLIK de réaliser cette fresque sur la façade du lycée.

Elle représente une échasse blanche perdue dans un futur post-apocalyptique.

 

Le fait de situer cette fresque dans la rue, à la vue de tous, est totalement volontaire, c’est le but de l’art, un art populaire, le street art. Cette fresque se veut accessible à tous. Il n’est pas anodin que ce travail soit réalisé sur un des murs du lycée du BUGEY : c’est un message d’alerte face à l’urgence écologique d’un public plus que jamais concerné : les lycéens. Que représente t elle ? C’est très simple, cela tient en quelques mots lourds de sens :

 

Le réchauffement climatique, la dégradation de la biodiversité : nous sommes entrés dans la 6ième extinction de masse, d'après le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). En 15 ans, rien qu’en France, nous avons perdu un tiers des oiseaux à cause de nos pratiques inconsidérées.

Comment cette échasse blanche de la Dombes peinte à l’acrylique collée au milieu d’un décor post apocalyptique peut représenter tant de choses ? Est-ce que cette fresque renvoie à un futur triste, tragique, inquiétant ou est-ce qu’un avenir est encore possible pour cet animal majestueux et fragile ?

 

 Ne vous inquiétez pas nous allons vous aider.  Tout est question d’interprétation

Lorsque nous regardons une œuvre en Occident, nous partons généralement de la gauche vers la droite comme lorsque nous lisons un livre, notre œil ne retient au début que le premier plan, l’échasse blanche et plus particulièrement son œil, rouge et noir dans lequel se reflète un paysage de désolation, sa pupille est tournée vers le spectateur, il nous prend à témoin en nous donnant à voir son âme, ce qu’il ressent.

 

Nous sommes alors entraînés dans une lecture descendante

Le bec de l’échasse attrape une plante, la nourriture est rare. Un échassier se nourrit-il de plantes ? NON, il se nourrit principalement d'insectes aquatiques, vers, larves, mouches. Sa nourriture est devenue inexistante. La couleur bleue de la plante montre qu’e

lle a dû subir des transformations génétiques ou pousser dans un milieu hostile. Elle sort d’une boîte de conserve, ce qui amplifie encore plus cette sensation de rareté des ressources alimentaires, celle-ci flotte sur une eau polluée, totalement hostile à toute vie.

 

Notre regard peut suivre aussi le chemin des gouttes d’eau ou larmes. Le choix est le vôtre : un environnement hostile ou bien la preuve que la vie est encore possible. Elles ruissellent sur le plumage de l’échasse blanche, elles paraissent tellement réelles, comme si elles sortaient de la fresque. Nous les suivons sur les longues pattes de cet oiseau, on se rend compte désormais de sa position et de sa grandeur, elle a une patte dans l’eau et une qui sort de l’eau, elle semble nous pointer une boîte de conserve.

La boîte de conserve : le symbole à la fois de la surconsommation, du survivalisme ou bien de nos déchets et du gaspillage de nourriture ? Cet objet est une marque du présent, mais c’est aussi l’héritage que nous léguons aux générations futures. Sur l’étiquette « futur en boîte » Peut-on mettre le futur en boite ? La boite de fer blanc restera présente des centaines d'années.

Cette impression de malaise peut s’amplifier avec le cadre chaotique inscrit derrière l’oiseau, peint avec la technique du sfumato signifiant « flou » en italien. Le réchauffement climatique désagrège t-il le paysage aussi ? L’illusion de profondeur est créée par l’utilisation de dégradé de tons et de couleurs qui s’estompent avec la distance, la perspective atmosphérique transforme les bleus. Ainsi, la couleur symbolisant l'air et la vie peut représenter la pollution, ayant pour principale source les activités humaines industrielles massives, et où la mer n'est plus qu'un amas de déchets.

Pourtant le paysage, semble calme et apaisé, le premier plan réapparaît et avec lui, de la vie, l’échasse blanche et la fleur.

Le blanc éclatant des plumes de l'échasse, attire l'oeil du spectateur. Sa tête sort du cadre, elle s’échappe de son funeste destin pour suivre son propre chemin. Même si le poison a tout envahi, une fleur pousse, elle fait remonter notre regard, jusqu’à faire apparaître une lueur d’espoir.

Une plante peut encore germer dans une boîte de conserve, l'espoir, la force et le combat pour la vie sont là. Elle est au premier plan, s'élève jusqu'à réussir à sortir du cadre, pour donner naissance tout en haut à des bourgeons jaunes lumineux qui se reflètent sur la tête de l’oiseau. Au Moyen-Age et à la Renaissance cette partie supérieure était dédiée au spirituel, au sacré. Un espoir, est–il possible ?

            De plus, les contours blancs donnent l’impression d’être une grande fenêtre de prison sur un mur fade et gris. Cela peut laisser penser que l’oiseau arrive à s’échapper du cadre et donc de la prison. Des échappatoires sont possibles.

Le jour du dépassement (WWF) est intervenu le 10 mai pour l’Union Européenne, soit cinq mois pour une consommation normalement destinée à perdurer un an.  Peut-on apprendre, et corriger nos erreurs ? Reprendre en main notre futur ? Une chose est certaine le temps nous est compté "Demain commence aujourd'hui".

Nous sommes dans un monde où les enjeux économiques priment encore sur la conscience écologique. Cette fresque est notre moyen d’expression. Nous ne voulons pas nous rendre complices de la destruction de notre planète. Nous devons agir, le temps de l’action des citoyens est arrivé.

 

NE LAISSONS PLUS LES AUTRES DÉCIDER À NOTRE PLACE !